jeanparapluie

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L'entrepreneuse "freinée" dans son élan créateur !

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Lors de l'émission de France 2 où le Président Hollande a été étrillé par plusieurs « citoyens » indignés, l'une d'entre eux, la première intervieweuse, je crois, chef d'entreprise, s'est distinguée par son agressivité, Madame Constanza.

Madame Constanza s'en est pris au Président du fait qu'il aggravait, avec le projet de surtaxation des CDD, l'insécurité des « entrepreneurs », récusant le terme de « patron », qu'elle trouve péjoratif. Les « entrepreneurs » sont les gentils qui créent les emplois, les « patrons » sont les méchants qui exploitent les travailleurs. Madame Constanza entend faire partie des gentils qui prennent des risques pour créer des emplois et la surtaxation des CDD, prévue dans le projet de loi travail, sera pour elle un frein dans son élan créateur, et, évidemment, elle l'a amèrement reproché à François Hollande..

Se souvient-elle des taux de taxation actuels ? Les CDI (contrats à durée indéterminés, dont elle ne veut pas prendre le risque) sont taxés à 4%, les CDD de un à trois mois sont taxés à 5,5% et les CDD de moins de un mois le sont à 7% (sauf pour les saisonniers de l'agriculture et du tourisme et les intérimaires, ce qui est, rappelons-le, l'usage normal des CDD). On ne sait pas à combien s'élèvera la nouvelle taxation des CDD, car le taux sera fixé par les partenaires sociaux, la taxe servant à financer l'assurance chômage, pas à remplir les caisses de l'Etat. Si on imagine un taux de 7%, appliqué actuellement aux CDD « courts » (moins de un mois), la différence avec le taux actuel de 5,5% serait de 1,5%. Appliqué à un salaire de 2 000 euros, sur 18 mois, cela donne : 2 520 € (taxation à 7%) - 1 980 € (taxation à 5,5%) = 540 € de dépense supplémentaire pour l'entreprise.

Madame Constanza est donc freinée par 540 euros de charges sur un an et demi. De deux choses l'une : ou la trésorerie de sa société est à ce point de difficulté, et on lui conseille alors plutôt d'arrêter maintenant ; ou, ce que l'on préférerait, son carnet de commande lui permet d'endosser 540 € de charges supplémentaires, et le « frein » dont se plaint Madame Constanza est plus dans sa tête que dans la réalité. Elle ne veut pas endosser la dénomination de « patron », c'est-à-dire, celui qui dirige, qui prend des décisions, des risques. Elle ne veut pas endosser la responsabilité d'un échec éventuel, alors elle se retranche derrière la menace que le monstre étatique fait peser sur ses frêles épaules. Je crois qu'elle devrait faire un autre métier, plutôt que jouer les victimes rebelles sur les plateaux de télé.



18/04/2016
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