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2ème tour ...

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Primaire de la gauche

Au premier tour, j'ai voté pour Vincent Peillon. Un peu par enthousiasme (je le trouve sympathique et plusieurs de ses orientations me satisfont) et beaucoup par raison, parce que je croyais ses positions capables de rassembler largement la gauche, les gauches des modérés aux utopistes. Hamon aurait plus été mon candidat de cœur et moins mon candidat de raison, car je le trouvais trop marqué à gauche pour rallier une majorité. C'est maintenant lui qui représente la majorité, au moins parmi les électeurs de la primaire. J'espère qu'ils seront plus nombreux au second tour, car, c'est vrai, il l'a dit lui-même, montrant une lucidité que tous n'ont pas, il est celui qui représente plus l'espoir et la conviction, et que « le peuple de gauche » se réveillera et fera l'effort d'aller voter -pour lui- dimanche prochain.

L'écologie

L'écologie n'est pas « un plus ». Elle est au contraire au centre du problème de nos sociétés et du projet de Benoît Hamon. Les surcoûts de consommations énergétiques, de pollution, de nuisances à la santé grèvent lourdement nos économies en accroissant les dépenses de transport, de soins, de réparation des dégâts en tous genres et en limitant les capacités productives des personnes et des entreprises. Modifier profondément notre façon de produire et de consommer est indispensable et, même si cela dépend d'abord des acteurs économiques et sociaux, les pouvoirs publics, les politiques ont évidemment un rôle primordial à jouer en incitant et en aidant la transition.

Revenu universel

L'idée est une vieille idée du socialisme : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Elle est contraire, en effet, à une certaine idée « républicaine », qui veut que chacun vive des fruits de son travail. Je la trouve pourtant juste et profondément humaniste en ce qu'elle assure à chacun une sorte de parachute social, et exprime la solidarité de tous avec tous.

Le débat a surtout porté sur sa faisabilité par rapport aux ressources du budget de l’État, son coût étant évalué entre 300 et 400 milliards €. Hamon a rabattu ses ambitions à une première étape de 48 milliards, ce qui reste encore très élevé, mais faisable. La mesure n'est peut-être pas prête à être mise en place rapidement, mais c'est une chose positive que d'ouvrir ce chantier.

Économie sociale et solidaire

C'est à mon sens l'avenir pour contrebalancer la sauvagerie du capitalisme. Qu'il s'agisse des mutuelles, des coopératives, des associations, les socialistes et les écologistes devraient en faire leur cheval de bataille et les appuyer de toutes leurs forces. C'était l'un des domaines d'action de Hamon dans son premier poste gouvernemental. Seul Vincent Peillon l'avait évoqué dans la campagne du premier tour, notamment dans un article paru dans le Monde.

La santé

Tous les candidats de gauche semblaient vouloir favoriser une médecine sociale de proximité, à travers des maisons de santé et/ou des dispensaires (je ne sais pas trop la différence que chacun fait entre les deux). Ça me paraît une évidence et on peut seulement se demander pourquoi la gauche ne l'a pas fait plus tôt !

La prévention et la santé environnementale sont évidemment essentielles.

Loi travail

Cette loi comporte une révolution essentielle : centrer les droits des travailleurs non sur l'emploi, mais sur la personne, avec le compte personnel d'activité, créateur des droits à la formation, à la retraite, aux indemnités, etc.

L'inversion de la hiérarchie des normes, entre la loi et la négociation, critiquée par Hamon, Mélenchon et autres frondeurs, n'est pas aussi radicale qu'ils veulent bien le présenter, car les négociations par branche sont favorisées et les négociations au niveau des entreprises sont contrôlées par les fédérations et peuvent faire l'objet de contestations. Le recours systématique à la loi dans les rapports entre salariés et employeurs n'est pas sain. Enfin, la loi donne des droits (de se syndiquer, par exemple) aux travailleurs « indépendants » (type Uber et autres).

Cette loi n'est donc pas si mauvaise et même plutôt bonne, même si elle reste, bien sûr, amendable.

« Rassembler », disent-ils …

Valls, se projetant déjà dans la présidentielle, veut rassembler les Français, mais ne se préoccupe pas trop de rassembler, dans un premier temps et pour les primaires de la gauche, la gauche elle-même. Il a plutôt tendance à camper « droit dans ses bottes ». Hamon, lui, cherche à se positionner si nettement à gauche qu'il peut braquer les modérés, mais j'espère que ceux-ci seront assez intelligents pour s'unir derrière celui qui peut rassembler la gauche, préalable à un rassemblement des Français.



23/01/2017
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