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L'intégration sociale par le sport, ça marche !

Mêlée sociale à Massy

LE MONDE SPORT ET FORME | • Mis à jour le | Par

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Près de 280 enfants, de 6 à 14 ans, répartis sur cinq terrains, s'entraînent sur la pelouse du stade Jules-Ladoumègue, mercredi  15 octobre.

Chaque semaine, le cahier « Sport & Forme » du Monde valorise un projet d'insertion sociale en partenariat avec l'Agence pour l'éducation par le sport. L'article qui obtiendra le plus de recommandations parmi les reportages sélectionnés par la rédaction sera recompensé lors de la remise du prix « Le Monde - Fais-nous rêver », mercredi 28 janvier, à l'Assemblée nationale. Les lecteurs du Monde sont également invités à voter pour les projets en lice pour le Prix du Public et dont les meilleurs feront l'objet d'un reportage dans les prochains numéros du supplément « Sport & Forme ».

Les professionnels cathodiques de la déclinologie, qui instrumentalisent le sport au service de leur discours, seraient bien inspirés d’aller crotter leurs Richelieu un mercredi après-midi au Parc des sports de Massy. Là, ils constateraient que le modèle français d’intégration, dont ils ne cessent de déplorer l’extinction, fonctionne encore. Par le miracle d’un sport, le rugby, et de ses valeurs, souvent donneuses de leçons à l’incivique football, mais dont la pérennité est réelle malgré deux décennies de professionnalisation.

Le cas du Rugby Club Massy Essonne (RCME), fondé en 1971, prouve d’ailleurs que celle-ci ne nuit pas nécessairement à un projet social. Au Parc des sports, vaste complexe s’étendant de part et d’autre de la nationale et bruissant des avions au décollage d’Orly, on parvient à faire cohabiter le sport d’en haut et celui d’en bas. D’un côté, une équipe qui vient d’accéder, pour la deuxième fois de son histoire, à la Pro D2, l’antichambre de l’élite, et se mesure à Perpignan, Agen ou Biarritz. De l’autre, une école de rugby ouverte à tous et œuvrant à la cohésion sociale.

C’est qu’avec près de 700 licenciés, Massicois, Essonniens et Franciliens, le RCME est un club de masse, le deuxième en France après Montpellier, ce qui ne laisse pas de surprendre pour cette commune de 45 000 habitants. Le deuxième pilier de l’Ovalie dans ce département, avec le Centre national du rugby à Marcoussis – quartier général du XV de France –, et en attendant, pour 2018, le Grand Stade de Ris-Orangis. Une famille nombreuse dans sa tenue bleu et noire, dont les plus jeunes éléments se réunissent le mercredi au stade Jules-Ladoumègue, le temple non sanctuarisé des pros. L’un d’eux, l’ailier sénégalais Aubin Mendes est d’ailleurs présent pour aider à l’entraînement des poussins, mercredi 15 octobre.

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Près de 280 enfants, de 6 à 14 ans, répartis sur cinq terrains, s'entraînent sur la pelouse du stade Jules-Ladoumègue, mercredi  15 octobre.

Les bonnes volontés ne sont pas de refus. Car il faut encadrer 280 enfants, âgés de 6 à 14 ans, répartis sur cinq terrains. « Nous avons pour principe de ne refuser personne car nous avons la capacité d’accueillir tout le monde », annonce Bruno Ghiringhelli, 30 ans, un ancien de l’équipe première, coordinateur de l’école de rugby et responsable du pôle de détection. Cette volonté d’insertion non limitative est inscrite dans le projet du club. « Le Parc des sports est un espace partagé avec une mixité d’usages et d’usagers, rappelle Fabrice Trouslot, du service des sports de la mairie. On utilise ici des fonds publics, nous avons donc les obligations des administrations publiques. »

Pour promouvoir l’égalité des chances, une action est menée en milieu scolaire pour élargir le recrutement. « Tous les CE2, CM1 et CM2 de Massy font du rugby pendant six semaines, précise Bruno Ghiringhelli. On peut découvrir de jeunes talents qui nous auraient échappés. J’appelle et je rencontre des parents. Comme ils n’ont pas la culture rugby, il faut insister sur le côté éducatif. Le rugby a un peu la même image que le judo, un sport de contact avec le sol et avec l’adversaire.Pour attirer les plus grands, la Pro D2 nous aide. » Mais aussi les performances des moins de 12 ans du RCME, qui viennent de remporter, toutes catégories confondues, le tournoi de Joué-lès-Tours devant Clermont, Brive ou La Rochelle. La prospection se fait encore in situ – et en bonne entente – chez le voisin du Football Club de Massy : «  Eux ont déjà trop de licenciés et doivent refuser des gamins. Alors on repère le rondouillard, celui qui joue goal en équipe 3 ou 4. On le débauche et il devient pilier titulaire. »

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Près de 280 enfants, de 6 à 14 ans, répartis sur cinq terrains, s'entraînent sur la pelouse du stade Jules-Ladoumègue, mercredi  15 octobre.

La symbiose entre profils, gabarits et milieux se réalise sur la pelouse. Dans la mêlée, on peut trouver les habitants de la cité voisine, des enfants de manutentionnaires et de transporteurs, comme de cadres sup’ et même de rugbymen. Un jeune et prometteur Malien, repéré très tôt dans une école primaire, travaille ses enchaînements avec les fistons des internationaux géorgiens Davit Ashvetia et Shalva Sutiashvili, ou celui du Tongien Poaki Vakaloa. « On les fait aller de l’avant dans la vie. Et le rugby apprend ça : plaquer, récupérer la balle et avancer », s’enthousiasmePhilippe Meyrignac, un des quarante bénévoles de l’école.

En 2012, un sondage avait fait apparaître pas moins de 27 nationalités (et double-nationalités) différentes, entre Africains de l’Ouest, Maghrébins, Comoriens, Angolais, Russes… Un cauchemar communautaire ? Pas vraiment. Les élèves, qui parlent tous français, n’ont que faire des origines de chacun. Il reste toutefois un domaine où la diversification pèche : la mixité. Seules trois filles sont présentes.

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Près de 280 enfants, de 6 à 14 ans, répartis sur cinq terrains, s'entraînent sur la pelouse du stade Jules-Ladoumègue, mercredi  15 octobre.

Ce droit à pratiquer le rugby dans les meilleures conditions s’accompagne naturellement de devoirs consignés dans une charte. Tout comportement ou geste déplacé est sanctionné d’un renvoi, provisoire ou définitif. Et si on est venu pour prendre du plaisir, on n’est pas là pour rigoler. Un apprenti centre se fait rabrouer par son entraîneur : «  Richard, t’en as pas marre de te faire arrêter ! Tu te fais plaquer en match par des Minimoys ! Ce n’est pas normal pour un grand comme toi.  »

« On éduque aussi les parents à soutenir toute l’équipe et pas seulement leur enfant », ajoute Philippe Meyrignac. Sans les bercer d’illusions. Si l’accès à l’école est démocratique, peu rejoindront le Centre de formation d’où sont issus Mathieu Bastareaud (Toulon), Yacouba Camara (Toulouse) ou le numéro 9 du RCME, Grégory Coudol. « Pour obtenir un pro, il faut 80 gamins de moins de 12 ans », rappelle l’éducateur.

Lire aussi : Les filles du Haut Forez veulent jouer au foot 

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/rugby/article/2014/10/23/melee-sociale-a-massy_4511453_1616937.html#hXo0edU4KcOEZOFY.99


27/01/2015
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