jeanparapluie

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Liberté, égalité, fraternité

Depuis les assassinats de la semaine dernière, les Français ont retrouvé la devise de leur République (Res publica, c'est-à-dire le bien commun). Mais on a surtout retenu la Liberté, notamment dans sa déclinaison de la liberté d'expression. Or les trois termes sont indissociables.
Devise, formule des valeurs de la République française. Culte, aussi, dans lequel j'ai été éduqué. Des milliers de gens sont morts et ont souffert pour défendre et promouvoir cet idéal, et une dette certaine me lie à eux. Pourtant, la réalité de la République est souvent ou parfois éloignée de cet idéal. Il n'y a pas toujours de quoi pavoiser ni s'ériger en modèle. Mais c'est évidemment là la première erreur d'interprétation : adopter certaines valeurs comme devise ne signifie pas que l'on prétend les incarner, mais qu'on entend être jugé à leur mesure.
Il y a ensuite des discussions sur le sens à donner aux trois mots et à leur conjonction en une formule : la liberté est-elle bornée ? si oui, par quoi ? égalité de droit ou égalité économique ? égalité ou équité ? fraternité chrétienne ou maçonnique ?  pourquoi dans cet ordre ? pourquoi pas justice et charité, peace and love, ou travail, famille et patrie ? n'est-ce pas daté et périmé ? sur quoi est-ce fondé ? etc.

Valeurs en général et valeurs politiques
Il serait vain de vouloir faire de cette triade républicaine l'alpha et l'omega de la morale en général. Il ne s'agit que de ce qui concerne l'organisation sociale des humains. Le beau, la vie, le plaisir, etc. sont des valeurs (ou n'en sont pas) indépendamment de ce qu'on pourra dire sur la liberté, l'égalité et la fraternité. Non pas nécessairement au-dessus, mais de façon non liée. Il me semble que la liberté de l'homme, en général, pas seulement politique, c'est-à-dire aussi sa liberté par rapport aux passions, aux influences, au mensonge et à l'erreur, est essentielle parce qu'elle conditionne son activité pour la défense et l'illustration des autres valeurs. C'est une condition nécessaire à son engagement et donc à quelque autre valeur morale que ce soit.
Les valeurs politiques sont ce qui doit guider et mesurer la valeur d'un système d'organisation sociale.

Le sens des mots
Des mots aussi abstraits et anciens supportent de nombreux sens et chacun a tendance à y mettre le contenu qui lui est le plus familier ou le plus favorable. Je ne vais bien entendu pas me substituer à la législature de l'Académie et décider quel est le sens correct, mais seulement tenter de distinguer les principales implications des interprétations possibles et justifier celles que je fais miennes.

Liberté
Les discussions sur ce sujet tournent en général autour de deux notions diverses de la liberté dans sa dimension politique : une liberté de "l'état de nature", que je qualifierai de "sauvage", et une liberté régulée et policée, définie par des règles sociales telles que "ce qui ne nuit pas à autrui" ou " ce qui n'est pas interdit par la loi". Lorsqu'on utilise le premier sens, c'est en général pour montrer que cette liberté n'est pas souhaitable, car elle institue la loi du plus fort, la violence généralisée. Même en l'absence d'hypothèse sur la nature violente et agressive de l'homme, il est clair qu'elle ne garantit pas, en tout cas, contre cette violence et qu'elle n'assure pas la sécurité, elle-même considérée comme une condition de la liberté, la vie sous la menace n'étant pas libre.
La liberté régulée est ainsi la liberté compatible avec la vie en société, et, par conséquent, la seule pensable. Elle est alors présentée comme une liberté limitée, par rapport à la liberté sauvage où "tout est permis". Cette vision repose évidemment sur l'idée que l'homme libre en sauvage serait une sorte d'acteur méchant dont il s'agit de limiter les excès et de restreindre les actes pour permettre la vie sociale. Elle implique que la liberté est naturelle.
C'est précisément ce qui me semble erroné dans la problématique habituelle de cette question. La liberté, même si elle est une possibilité naturelle, propre à l'homme et – peut-être – à quelques autres animaux supérieurs, est une conquête et une construction progressive. Au départ, c'est le déterminisme, biologique et social, qui commande nos actions et nos pensées. Ce n'est que peu à peu, par un effort de l'esprit, de la réflexion, que l'individu devient une personne et le siège de la liberté. L'homme libre n'est pas la brute qui suit ses instincts et ses passions, mais celui qui pense, sent et agit selon la pensée. Dès lors, la liberté de l'individu n'est pas limitée par celle d'autrui, mais au contraire agrandie par elle.
Cela ne signifie pas qu'il n'y a plus d'opposition entre la liberté totale de l'individu et la liberté régulée et limitée par l'ordre social. On ne se trouve pas nécessairement dans un état idyllique où la pensée individuelle et l'ordre social convergeraient naturellement. Mais cela signifie que la liberté sociale se confronte à la pensée et que sa finalité est le développement de la liberté générale des individus.

Egalité
La discussion la plus courante oppose l'égalité des droits et l'égalité économique. Sans celle-ci, celle-là serait formelle, " car enfin, qu'est-ce que la liberté du faible à côté de celle du fort, de l'ignorant et de l'homme instruit ? Une lutte où le premier suc­combe à coup sûr" (Armand Marrast, cité par Michel Borgetto dans La devise «Liberté, Egalité, Fraternité» Presses Universitaires de France, 1997). La position médiane étant d'introduire l'égalité des chances, qui serait une sorte de droit à la réussite économique. Ce sont là des discussions sur la réalisation de l'égalité.
En fait, ce qui fonde toute conception de l'égalité, c'est celle de l'égalité de la valeur de chaque être humain. La notion d'égalité ne se comprend parfaitement que de valeur égale. Traiter également ses enfants, les citoyens devant la loi, les hommes et les femmes dans le travail, etc. implique qu'on attribue la même valeur à chacun. Chacun ne crée pas la même valeur, par ses actes, c'est le mérite. Mais chacun possède la même valeur, en tant qu'être humain siège de la liberté.
On veut parfois remplacer l'égalité par l'équité. Deux choses peuvent s'entendre par là : 1/ l'égalité des chances, les inégalités éventuelles étant considérées comme justes et équitables si elles résultent seulement des différences naturelles entre individus ; 2/ une inégalité sociale contrebalançant les inégalités naturelles ou de naissance des individus. Ce sont là des débats complexes, mais qui concernent essentiellement des dispositions sociales. Ce qui est actuellement important au point de vue des principes, c'est que quelle que soit la réponse que l'on donne à ces questions, elle est elle-même fondée sur l'égale valeur des êtres humains.  Cette égale valeur des êtres humains est le seul fondement de principe qu'on peut donner à des politiques d'équité. L'équité seule ne peut donc pas remplacer l'égalité comme fondement axiologique de la politique. C'est à l'aune de l'égalité des hommes que peut se mesurer la valeur d'une politique d'équité sociale.

Fraternité
Elle est souvent présentée comme la cerise sur le gâteau de la formule, comme une sorte d'édulcorant ou de fleur décorative qui vient lui retirer la sécheresse juridique et économique des deux premiers termes. On l'assimile aussi souvent à un dérivé laïc de l'amour ou de la charité du christianisme, ou encore à un gage donné aux francs-maçons des fondateurs de la République. Enfin, une vision pragmatique et positiviste la réduit à un devoir de solidarité un peu animal, une solidarité de l'espèce. Tout cela est un peu vrai historiquement, et est renforcé par le caractère imagé du concept, mais constitue un appauvrissement si on tente de réduire cette idée à l'un de ces aspects.
La notion de fraternité tient aussi de la sympathie d'Adam Smith, mais ne remplit pas la fonction intellectuelle, presque épistémologique que celui-ci donne à cette notion. Elle implique enfin une fidélité que rien ne peut enfreindre.
La fraternité, c'est un lien très fort entre les individus qui inclut une reconnaissance réciproque et une communauté essentielle de valeur telle que l'atteinte à l'un est une atteinte à l'autre. Une notion comme celle de crime contre l'humanité implique la fraternité des hommes. La fraternité fait que le bien n'est pas seulement le bien pour moi mais celui de tous.

Cohérence de la formule

Selon Michel Borgetto, les fondateurs de la Seconde République ont tous insisté sur " le caractère logique et indissociable des trois composantes de la devise" (ibid. p. 55). Cette complémentarité des trois termes est peut-être un peu perdue de vue de nos jours. La liberté seule, avec l'inégalité et la haine, voit les plus faibles dominés par les plus forts et s'achève donc en tyrannie. L'égalité seule, avec la dictature et la haine fait apparaître une nouvelle inégalité entre dominants et dominés. La fraternité seule, avec la tyrannie et l'inégalité fait surgir ou le désespoir ou le ressentiment et se détruit donc.
La liberté et l'égalité voient souvent leur complémentarité soulignée, comme si elles pouvaient se dispenser de l'association avec la fraternité. Mais sans le respect de la valeur commune que l'on trouve en l'autre, elles ne sont pas respectées et font figure de simples contraintes juridiques, de paradoxales limitations de la liberté, la liberté de haïr !
L' égalité et la fraternité seules se trouvent dans certaines communautés, religieuses, en particulier. Elles ne s'y maintiennent qu'au prix d'une soumission à une autorité supérieure, c'est-à-dire d'une inégalité fondamentale.
Liberté et fraternité sans égalité ? L'inégalité entraînera la domination et la perte de liberté. Seulement de l'équité ? Ou bien celle-ci vise l'égalité et la rétablit, ou bien elle ne fait que masquer l'inégalité.
Cette complétude de la formule n'est pas sa moindre force. L'expérience particulière de chacun le rend plus sensible à l'un des trois termes. Les cultures différentes valorisent aussi particulièrement une des notions plus que les autres. Mais, lorsque l'on tente de concevoir ce que chacun représente, les deux autres s'imposent comme des conditions nécessaires.  

Son caractère utopique
Le fait que la formule "liberté, égalité, fraternité" soit la devise de la République française n'implique pas que celle-ci soit la réalisation matérielle de cet idéal. Adhérer à cet idéal n'implique pas allégeance aux institutions de la République ni au personnel qui les incarnent. C'est à l'inverse ces institutions et ce personnel qui, en adoptant cette formule pour devise, ont fait acte d'allégeance à ces idées. Réciproquement, il n'y a pas lieu de faire un reproche systématique aux institutions et au personnel de la République réelle des écarts entre réalisations sociales et idéal, même s'ils en sont en partie comptables.
Les institutions sont des tentatives de réalisation de l'idéal ou en tout cas se présentent comme telles en l'adoptant comme devise lors de leur fondation. Les débats politiques vont avoir pour objet ce que les libertés vont apporter à la liberté, comment les inégalités vont être combattues, l'égalité de la loi pour tous assurée, et ce qu'implique la fraternité humaine. Il s'agira toujours de projets d'amélioration des lois et des institutions, ou de mesurer la valeur de lois ou d'institutions existantes à leur degré de conformité à l'idéal. Par définition, prendre pour devise un ensemble d'idées abstraites prises comme valeurs de la politique implique une pensée politique utopiste, c'est-à-dire envisageant sans cesse la société non seulement telle qu'elle est mais aussi telle qu'elle devrait et pourrait être, telle qu'elle n'est pas.
Cette façon de penser le politique est essentiellement différente d'au moins deux autres manières de le faire : une évaluation éthique de la politique, qui voudrait que l'on évalue les actes politiques à l'aune de valeurs morales, et une évaluation historique ou providentialiste, qui voudrait que la société ait un destin qu'il s'agirait d'accompagner ou de parachever. Ces trois perspectives, utopiste, éthique et providentialiste, ne sont pas contradictoires, mais sont quand même suffisamment opposées pour qu'elles ne coexistent pratiquement jamais au même moment dans la même pensée. Les tenants de l'une ou de l'autre ne se comprennent donc presque jamais.
Une autre manière d'interpréter la devise républicaine est de l'identifier avec le régime démocratique. Pour certains, on ne voit pas bien ce qu'ajoutent les trois mots "liberté, égalité, fraternité" à celui de "démocratie". Là non plus, il ne s'agit pas du tout du même point de vue. Le concept de démocratie se réfère à un principe de classement des constitutions selon la souveraineté. En démocratie, le peuple est le souverain, le moyen le plus usuel d'exercer cette souveraineté étant le gouvernement par la majorité. La démocratie se distingue de l'aristocratie, où une élite est souveraine, de la théocratie, où la souveraineté procède de la divinité, et de la monarchie, où le prince est souverain, étant entendu que la souveraineté peut être partagée de diverses manières et que la plupart des régimes réels sont mixtes. La liberté, l'égalité et la fraternité peuvent se réaliser plus ou moins et par différents moyens dans chacun de ces régimes, selon le contenu que le souverain donne aux lois et selon la politique qu'il mène. Il peut y avoir des démocraties tyranniques, c'est-à-dire où le tyran ou le dictateur exercent le pouvoir au nom du peuple souverain, et des démocraties de liberté où le peuple souverain est libre par rapport au gouvernement.
Aucun de ces régimes n'incarne pleinement l'idéal de la devise, qui ne s'incarnerait que dans un régime assurant une liberté absolue fondée sur la pensée seule des individus, une égalité parfaite sans hiérarchie, sans privilège, sans exclusion, une fraternité franche et spontanée, sans calcul, sans exception, sans limite. Un tel régime, identifiable à l'utopie anarchiste, n'existe pas et n'existera peut-être jamais, le pouvoir, la hiérarchie, l'inégalité, la haine étant peut-être des maux inévitables ou nécessaires.

Critiques historicistes et absolutistes

La devise "liberté, égalité, fraternité" a souvent été critiquée et attaquée comme trop particulièrement liée au contexte de la Révolution française : lutte contre les privilèges féodaux, lutte contre les corporatismes, besoin de réconciliation entre catholiques, protestants et juifs, influence de la franc-maçonnerie, influence du rationalisme et de l'universalisme, influence des socialistes utopistes, etc. Il est indéniable que ces tendances sociales ont déterminé le contenu et le succès de la formule. L'historicisme voudrait maintenant qu'on mette à jour, en quelque sorte, l'idéal pour qu'il comporte les préoccupations et les tendances sociales du moment historique. L'absolutisme voudrait qu'on reconnaisse son caractère particulier et la vanité de sa prétentions universaliste.
S'il est vrai que chaque circonstance historique fait apparaître, en ce sens qu'il rend manifeste, des valeurs particulières – comme, de nos jours, par exemple, la préservation de la nature -, il ne s'ensuit pas pour autant que ce qui était apparu antérieurement soit à rejeter dans les poubelles de l'histoire. D'abord, la question est à poser de savoir si les "nouvelles" valeurs ne sont pas contenues dans les anciennes. Par exemple, la question "quelle planète allons-nous léguer à nos descendants ? " a-t-elle un sens hors du cadre de la fraternité humaine avec ces descendants ?. Ensuite, même si le nouveau est réellement nouveau, rien ne va l'entraîner à rejeter l'ancien. L'histoire a peut-être un cours, rien ne dit qu'il faut le suivre.
Il faudrait ensuite que les valeurs soient ancrées dans quelque chose de plus solide qu'un simple décret de l'Assemblée Constituante formée de jeunes idéalistes parisiens et de quelques vieux notables franchouillards. Mais qui a dit que la valeur d'une rose se mesurait à celle de la tourbe où elle a poussé. Quelque respect qu'on ait pour l'Assemblée constituante, celui-ci n'est pour rien dans celui qu'on doit avoir – ou non – pour ses productions. On doit juger la valeur de l'idéal indépendamment de qui l'a formulé.
Le besoin de fondement absolu des valeurs est difficile à analyser. La vision religieuse du monde, presque aussi ancienne que l'humanité, lui est-elle coextensive ? Quand bien même il en serait ainsi, et qu'il serait démontré que l'humain ne peut se dispenser de la foi dans le divin, cela ne serait toujours pas une preuve qu'il n'est de fondement que divin, mais peut-être d'une faiblesse de nos facultés. Cherche-t-on à étendre au monde des valeurs la structure familiale et héréditaire de nos cellules sociales ? Ou bien transporte-t-on dans le domaine axiologique les schémas axiomatiques des sciences déductives ? Quoi qu'il en soit, l'idée que les valeurs doivent avoir un fondement surhumain, transcendant, ou absolu n'a elle-même aucun fondement. Une fois produites par les cerveaux humains, les systèmes d'idées ont leur propre valeur qui doit être examinée à l'aune de ce à quoi elles prétendent : expliquer le réel, justifier les actions humaines, normer les sociétés, etc. Vouloir les ancrer sur des idéaux absolus revient à vouloir leur donner une force usurpée et, dans cette mesure même, à les affaiblir si l'usurpation est découverte.
Les réflexions politiques mettent souvent en scène un état antérieur de la société, ou même un état dit de nature, antérieur à toute société, qui serait comme le garant de la valeur d'un modèle politique idéal qu'il s'agirait de reconstituer. Catégoriquement, la devise républicaine  vise "non pas tant à la reconquête d'une fraternité originelle censée être antérieure à la société qu'à l'avènement d'une fraternité nouvelle" (ibid. p. 26). Ces visées "originelles" ou bien sont de simples fictions pédagogiques destinées à aider l'imagination dans la projection d'une utopie, ou bien elles ont la prétention de représenter réellement l'état originel de l'humanité. Dans ce second cas, rien ne permet de comprendre en quoi cet état serait désirable parce qu'originel. On a là une sorte de providentialisme inversé, probablement inspiré du mythe biblique de la chute, qui ne manque pas de force émotive, mais est totalement dépourvu de fondement rationnel.
L'idéal représenté par la triade républicaine est une construction mentale artificielle et circonstancielle. Cela ne lui retire rien de sa valeur, pour autant qu'il en ait une. La Tour Eiffel, le cassoulet, les pyramides de Gizeh, et la théorie de la relativité sont aussi des créations artificielles circonstancielles, et cela n'empêche nullement de les admirer avec raison, ainsi que quelques autres bien sûr.

Sa valeur universelle
L'origine relative de l'idéal n'en diminue pas la valeur. Elle ne suffit pas non plus à l'établir. Il n'a pas de valeur par le seul fait d'avoir été décrété, comme le voudrait peut-être un Gorgias moderne. Il acquiert sa valeur par sa propre force.
Cette force lui vient d'abord de son enracinement dans d'autres valeurs qui sont d'un niveau axiologique supérieur au politique, la liberté et la valeur de l'homme. L'idéal traduit sur le plan politique certaines conséquences de ces valeurs qui ont une portée bien plus vaste et générale que le plan du politique. L'examen de la force de ces valeurs elles-mêmes n'est pas dans mon objet d'aujourd'hui.
Ensuite, une autre force lui est conférée par sa cohérence. Non pas qu'il faille considérer la cohérence comme un bien en soi. Mais cette cohérence rend la formule stable et complète. Qui accepte de l'examiner pour elle-même ne trouve pas de défaut, de manque ou de contradiction dans son contenu.
Enfin, elle est utilisable dans toute réflexion sur l'organisation de la société, dans les deux directions que peut prendre une telle réflexion : l'évaluation des sociétés existantes, ou l'élaboration d'un projet de société ou d'une institution à établir. Dans les deux cas, la formule triadique fournit les guides et les mesures d'évaluation dont on a besoin.
Les créateurs d'abord, les défenseurs ensuite de la devise n'ont probablement pas tous eu une conscience complète de la portée et de la valeur de ce qu'ils nous ont légué, mais nous serions bien ingrats de ne pas leur savoir gré de leur travail.
 
Références

Michel Borgetto : La devise «Liberté, Egalité, Fraternité», Presses Universitaires de France, 1997

Les constitutions de la France depuis 1789, présentées par Jacques Godechot, Garnier-Flammarion, 1970



15/01/2015
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